Lumière sur la métagénomique

Dans les articles « Lumière sur », nous vous présenterons les différents domaines existants en bio-informatique afin de vous éclaircir les idées si vous n’y êtes pas familiers. Cette semaine, on vous parle de la métagénomique.


I. Les intérêts de la métagénomique

Les microorganismes colonisent et influent tous les types d’environnements : l’eau, le sol, et même notre propre organisme. Leur importance est reconnue car ils sont impliqués aussi bien dans les cycles biogéochimiques de l’environnement que dans le bon fonctionnement (ou non) de notre santé.  L’étude de ces microorganismes est donc importante afin de mieux comprendre leurs impacts. Cependant, la plupart des microorganismes sont difficiles à étudier car on ne peut pas les cultiver en laboratoire.

En effet, chaque organisme ont des besoins nutritionnels spécifiques pour se développer. Reproduire un habitat naturel en laboratoire est un exercice qui demande beaucoup d’exigence car il faut être capable de reproduire les mêmes conditions de température, de pression, de concentrations en minéraux. Outre ces facteurs environnementaux, un microorganisme peut également vivre en symbiose avec une autre espèce (microorganisme, plante, animal), ce qui rend son isolation impossible.

Pour pouvoir les étudier, une nouvelle branche de la bio-informatique, dérivée de la génomique a émergé : il s’agit de la métagénomique. Ce domaine a été défini pour la première fois il y a 20 ans dans les études de Handelsman et al. (1998) comme étant la collecte de tous les génomes des membres d’une communauté microbienne à partir d’un certain environnement.  La définition moderne, introduite par Chen et Pachter (2005) a évolué pour devenir l’application des techniques de génomique moderne pour l’étude des communautés microbiennes directement dans leur habitat naturel, contournant le besoin d’isolation et de culture in vitro.

En résumé, on récupère un échantillon environnemental qui nous intéresse et on le met dans une machine de séquençage où TOUS les génomes des organismes présents dans l’échantillon seront identifiés ! Le challenge par la suite sera donc d’identifier ces fameux organismes.

Ce type d’étude a donc été rendu possible grâce à l’émergence des technologies de séquençages de nouvelle génération (NGS) et la baisse de leur prix d’utilisation. Ces technologies permettent de séquencer des milliers de morceaux d’ADN en quelques heures, entraînant la création d’énormes quantités de données et la création de nouvelles techniques pour pouvoir les traiter.

II. Les approches en métagénomique

Le terme de métagénomique englobe différentes méthodes. D’un côté il y a la métagénomique WGS (Whole Genome Shotgun) et de l’autre la métagénomique ciblée aussi appelée Metabarcoding. Celles-ci permettent de répondre à des problématiques distinctes.

Il ne faut pas oublier que peu importe la technique utilisée, les résultats obtenus sont représentatifs d’une communauté à un endroit et à un temps donné. Ces résultats peuvent donc changer, c’est pourquoi, il est important d’avoir un échantillonnage robuste, soit de nombreux échantillons prélevés à des conditions spatiales et temporelles similaires.

De plus, les méthodes de séquençages peuvent également influencer la détection des microorganismes présents. Il est donc nécessaire d’effectuer le séquençage avec une profondeur élevée (séquençage répété plusieurs dizaines de fois à partir du même matériel génétique).

Les deux approches utilisées en métagénomique (Schéma simplifié. Copyright : savvy-bioinformatics)

A. La métagénomique WGS

La métagénomique WGS permet d’étudier l’ensemble du contenu génomique d’un échantillon, c’est-à-dire que l’on va pouvoir étudier et assembler les différents génomes présents dans un échantillon et cela sans a priori. Cette méthode permet une analyse presque exhaustive de la diversité d’un environnement, ainsi que la caractérisation taxonomique d’une communauté microbienne. Ce terme barbare de caractérisation taxonomique signifie tout simplement qu’on va identifier leurs noms d’espèces.

L’utilisation de WGS permet d’identifier les gènes associés à chaque espèce au sein d’une communauté microbienne, et par extension permet de découvrir les fonctions auxquelles ces derniers sont associés. Par exemple, dans un échantillon environnemental riche en azote, on peut identifier des microorganismes qui possèdent des gènes impliqués dans le transport ou l’assimilation pour ce gaz.
Néanmoins, cette méthode est plus coûteuse que la métagénomique ciblée et engendre une quantité de données encore plus importante.

B. La métagénomique ciblée

La métagénomique ciblée quant à elle se base sur les informations taxonomiques de marqueurs génomiques spécifiques afin d’étudier la taxonomie et la diversité d’une communauté microbienne. Cela signifie qu’on connaît déjà les organismes qu’on s’attend à étudier dans notre échantillon et qu’on connaît certains de leurs gènes associés. Dans ce cas, seul un locus spécifique est choisi pour être séquencé et analysé, la quantité de données est donc réduite par rapport à la métagénomique WGS.

Dans la plupart des études utilisant la métagénomique ciblée, ce sont les différentes sous-unités et régions de l’ARN ribosomal (ARNr) qui sont ciblées. Les ARNr sont des molécules très conservées au sein des différentes espèces vivantes eucaryotes comme procayotes, ils sont importants car ils constituent le ribosome, une machinerie cellulaire complexe qui permet la traduction des ARN messagers en protéines.

Le choix de la méthode métagénomique sera adapté en fonction des questions auxquelles une étude cherche à répondre. De plus, afin de corréler les résultats obtenus grâce au traitement des données avec l’environnement étudié, il est indispensable de collecter des métadonnées, c’est-à-dire des données qui sont caractéristiques de l’environnement étudié et qui peuvent être collectées pour chacun des échantillons.

III. Les différentes méthodes d’analyse

Après le séquençage, on obtient des fichiers contenant tous les bouts de séquences présents dans nos échantillons. Avant de commencer les analyses, il est important de nettoyer et filtrer les données pour éviter au maximum les biais qui peuvent fausser les résultats. Il existe ensuite deux méthodes distinctes pour l’analyse des données métagénomique.

A) L’analyse par regroupement OTU B) L’analyse par regroupement taxonomique (Schéma simplifié. Copyright : savvy-bioinformatics)

A. L’analyse par regroupement

Dans un premier temps, nous avons l’analyse par regroupement dont le but va être de regrouper les séquences similaires à un pourcentage choisi (historiquement on utilise 97% d’identité) pour créer ce que l’on appelle des Unités taxonomiques opérationnelles (ou OTU). Un OTU va donc regrouper toutes les séquences qui sont identiques à 97%. Plusieurs algorithmes de tri et de regroupement existent pour créer les OTUs.

De chaque OTU, une séquence représentative va ensuite être extraite afin de représenter l’ensemble du groupe. Un OTU est donc considéré comme une “espèce” afin de faciliter la suite des analyses, même si cela ne repose sur aucun fondement biologique, la valeur d’identité étant choisie arbitrairement. C’est la séquence représentative de l’OTU qui va ensuite être comparée à une base de données afin de trouver l’annotation taxonomique de notre “espèce”.

Note : Je me permets d’utiliser le mot “espèce” pour décrire un OTU, car il me parait plus simple à visualiser pour un débutant. Mais il faut se rappeler que ce n’est pas une réalité biologique, surtout que de nos jours, il est encore difficile d’atteindre le niveau de l’espèce lors de la classification taxonomique.

Les outils les plus connus qui suivent ce principe sont QIIME [Caporaso et al., 2010], Mothur [Schloss et al., 2009] et VSEARCH [Nichols and Quince, 2016].

Il existe 3 différentes méthodes pour la création des OTUs :

  • La sélection de novo : les lectures sont regroupées après comparaison des lectures entre elles sans l’aide d’une référence externe.
  • La sélection close-reference : Les lectures sont regroupées après comparaison des lectures avec une base de données. Les lectures qui n’ont pas d’équivalent dans la base sont ignorées.
  • La sélection open-reference : Les lectures sont regroupées après comparaison des lectures avec une base de données. Les lectures qui n’ont pas d’équivalent dans la base sont comparées entre elles de façon à créer des OTUs de novo.

B. L’analyse par assignation taxonomique

La deuxième approche, plus récente, est une approche d’analyse par assignation taxonomique. Cette méthode ne regroupe pas les lectures selon leurs similarités intrinsèques mais les compare dans un premier temps à une base de données de référence. Chaque lecture va donc être assignée à une taxonomie. Si plusieurs séquences possèdent la même taxonomie, les lectures seront regroupées dans différentes unités taxonomiques basées sur leur classification.

Nous pouvons notamment citer Kraken   [Wood and Salzberg, 2014], CLARK [Rachid et al., 2015] et One codex [Minot et al., 2015], comme outils qui suivent cette approche.


Quelques exemples de projet en métagénomique

La métagénomique est un domaine assez complexe mais toutefois passionnant et qui peut s’appliquer à tout type d’environnement. On l’utilise aussi bien dans le domaine de la santé, que de la recherche à des fins de bio-rémédiation des environnements pollués que des recherches descriptives. Pour vous éclairer un peu plus, voici différents projets et laboratoires qui utilisent la métagénomique pour leurs recherches :

  • TaraOcean, commencé en  2009, est un projet dont  le but est de cerner les effets du réchauffement planétaire sur les systèmes planctoniques et coralliens. Un tour du monde en bateau a été mené durant 3 ans.
  • MetaHIT est un projet européen visant à caractériser les microorganismes présents au sein du microbiote humain.
  • On peut également citer le NIH Human microbiome project qui étudie également le microbiote humain.

Pour en savoir plus :

FAQ #1 – Recherche de stage

Afin de répondre précisément aux interrogations de personnes actuellement à la recherche de stage en bio-informatique, nous avons collaboré avec l’AMBB (Association du Master Bio-informatique de Bordeaux) qui a proposé à ses étudiants de 2ème année de nous poser leurs premières questions en relation avec cette thématique.

A l’aide de nos propres expériences de recherche de stage, nous espérons pouvoir leur apporter des réponses pertinentes :


I. Est-il  vraiment valorisé de faire un stage à l’étranger ?

Amélie : Je ne sais pas si c’est VRAIMENT valorisé mais c’est toujours un plus autant en tant qu’expérience personnelle que professionnelle. Ça montre que tu es mobile et que tu peux t’adapter facilement dans un nouvel endroit, ce sont des qualités personnelles qui sont toujours valorisantes pour un professionnel.

Savvy : Pour ma part j’ai fait mon stage de 6 mois aux Etats-Unis. Je pense qu’en général avoir un CV qui montre qu’on peut faire preuve de mobilité est un bon point (surtout si on a fait ses études au même endroit). Faire un stage à l’étranger permet de montrer qu’on est capable de sortir de sa zone de confort. Au delà de cet aspect, cela permet de travailler dans un environnement différent de la France et de voir ce qui se fait en bio-informatique dans d’autres pays.

Après je pense qu’il ne faut pas s’enfermer dans l’idée que faire un stage exclusivement à l’étranger est valorisant pour son CV. On peut aussi faire des stages valorisants en France (si des résultats pertinents aboutissent lors du projet par exemple). Le plus important à retenir de son stage, selon moi, c’est les compétences et l’autonomie qu’on va y acquérir.


II. Les maîtres de stages sont-ils indulgents au début du stage (si ce dernier est effectué à l’étranger), concernant l’expression oral en anglais par exemple ? Etant donné que chaque étudiant n’est pas bilingue.

Amélie : Au début de stage, les maîtres de stages sont toujours indulgents car il faut forcément un temps d’adaptation quand tu commences quelque chose de nouveau. Personne n’attend que l’on finisse le stage en 2 jours. Je pense que si on tient compte de la barrière de la langue, ça peut en effet être un handicap au début mais on finit toujours par se comprendre. Lors de l’entretien d’embauche le maître de stage va bien voir ton niveau d’anglais et c’est lui qui va choisir si c’est dérangeant ou non. S’il t’a accepté alors c’était en toute connaissance de cause. Tu devrais t’améliorer assez rapidement de toute façon 😉.

Savvy : Tout dépend de la situation. Si le maître de stage est francophone, vous n’aurez pas de problème à priori. Mais s’il est anglophone, il faudra donc communiquer avec lui en anglais. Bien entendu, il sera indulgent car s’il a accepté de vous prendre c’est qu’il est conscient de votre niveau d’anglais et que ça ne lui pose de problème.

Après, je pense qu’il est important de rappeler que l’anglais est la langue de communication principale en recherche donc c’est important de savoir s’exprimer (après personne ne vous en voudra de ne pas être bilingue, sauf si on vous a demandé de passer un test). Vos collègues seront peut être également anglophones, vous allez devoir vous jeter à l’eau (ne soyez pas timides, l’accent français est adorable pour les anglophones). Et ne vous en faites pas, votre niveau va très vite augmenter, une fois immergé !


III. Les stages à l’étranger peuvent ils être rémunérés ?

Amélie : La rémunération n’est pas obligatoire à l’étranger il faut donc bien faire attention avant d’accepter un stage. Fais aussi des recherches sur le niveau de vie de l’endroit où tu comptes partir pour éviter les mauvaises surprises. Vérifies le réseau de transport en commun afin de pouvoir aller au travail ou visiter les alentours. Il faut savoir qu’à l’étranger, tu peux être éligible à une bourse de mobilité mais fais très attention à ne pas te baser uniquement sur cette possibilité car elle n’est pas allouée obligatoirement.

Savvy : Contrairement à la France, la rémunération des stages dans tous les pays n’est pas obligatoire. Souvent il faut poser la question (et il faut avouer que c’est une question épineuse à poser, mais il faut la poser !). A titre d’exemple, aux Etats-Unis, cela n’est pas du tout obligatoire, au Canada, en général les stages sont rémunérés.

En Europe, je ne connais que la France qui a obligation de rémunérer ses stagiaires (s’ils font plus de 3 mois de stage), je me rappelle avoir postulé à une offre en Allemagne où le stage n’était pas rémunéré. Pour autant, sans rémunération, le laboratoire peut parfois proposer un autre type de compensation, comme par exemple l’accès à un logement de fonction – je n’ai pas d’exemples concrets mais je sais que c’est possible – .


IV. Est-ce que c’est la galère d’un point de vue administratif de partir faire un stage à l’étranger ? Si oui, quelques conseils ?

Amélie : Evidemment les conditions administratives varient d’un pays à l’autre, le meilleur conseil serait de faire des recherches en amont sur les pays qui t’intéressent et de trouver un stage assez rapidement histoire de ne pas se faire avoir par les délais administratifs.

Savvy : Pour un stage dans l’Union Européenne, il ne me semble pas que ce soit compliqué. Je crois qu’on peut aller faire son stage dans n’importe quel pays de l’espace Schengen (je ne suis pas sûre pour le Royaume-Uni avec le Brexit), sans faire aucune demande spécifique. En revanche pour un stage aux Etats-Unis et au Canada, il y a des demandes du visa J1 (USA) et d’un permis de travail (Canada) à faire en plus de l’ESTA (USA) et l’AVE (Canada) qui sont les autorisations électroniques de voyage (mais ceux-là se font en ligne).

Ces demandes sont assez longues à faire (surtout à cause de la réception du document en France), donc pour faire un stage dans ces pays, il faut idéalement trouver son stage 3 mois à l’avance pour être sûr de réceptionner ses papiers en temps voulu et pour espérer réserver des billets d’avions pas trop chers. A savoir également qu’ils sont quelques peu coûteux, donc il est important de se renseigner sur les bourses que proposent Aquimob.

Dans le master de Bordeaux, d’anciens étudiants sont également allés au Vietnam, en Nouvelle-Zélande et en Australie. Je ne connais pas personnellement les démarches, mais je crois qu’il faut de manière similaire trouver son stage suffisamment à l’avance pour faire ses papiers administratifs.


V. Quelles sont les bons réflexes à avoir tout au long du stage ?

Amélie :

  • Toujours garder un esprit ouvert et curieux.
  • Ne pas hésiter à demander de l’aide, c’est d’ailleurs considéré comme une qualité parce que tu apprendras plus vite et donc tu avanceras plus vite dans ton projet plutôt que de chercher pendant plusieurs jours une réponse que tu aurais de ton maître de stage.
  • Faire des propositions, parfois tu peux apporter une idée à laquelle personne n’avait pensé et qui donnera une nouvelle dimension à ton projet.

Savvy :

  • S’habituer à lire des papiers scientifiques un peu tous les jours  -même si c’est pas drôle-
  • Tenir un “notebook” pour garder une trace de sa progression
  • Documenter son code au jour le jour  – pour éviter de le faire en panique à la fin –
  • Ne pas avoir peur de poser des questions à son maître de stage – parce que vous avez droit de ne pas tout savoir, vous êtes aussi là pour apprendre – et faire des meetings réguliers avec lui – suivant son emploi du temps évidemment –

Si vous avez d’autres questions qui vous viennent, postez-les en commentaire ! Nous serons ravies de vous répondre !

Bien commencer sa recherche de stage

La recherche de stage est une étape obligatoire au cours de n’importe quel cursus universitaire. Elle suscite de nombreux doutes et questionnements.  Ayant passée cette étape de notre cursus, il nous a semblé intéressant de partager notre expérience sur ce sujet. Cela permettra ainsi de répondre aux questions que tout étudiant, bio-informaticien ou non, se pose quand il doit chercher son stage de fin d’études.


I. Mettre en valeur son CV

Première étape indispensable : peaufiner son CV. Je sais, je ne vous apprends rien. Mais c’est un point quand même assez important à rappeler. Je n’ai pas la formule magique pour rendre votre CV impressionnant, c’est vos expériences et vos compétences qui le feront pour vous  ! Néanmoins, cela ne fera pas de mal de rappeler les points clefs à mettre en valeur sur son CV :

  • Vos formations : décrivez les matières que vous avez étudiées afin de donner un aperçu de votre formation.
  • Vos expériences professionnelles / compétences : n’hésitez pas à parler de vos projets réalisés dans le cadre de votre formation pour mettre en avant les concepts bio-informatiques que vous avez assimilés, si vous n’avez pas de nombreux stages volontaires à votre actif.
  • Vos acquis en programmation : bien qu’il soit possible d’avoir vu différents langages de programmation, mettez en avant ceux où vous vous sentez le plus à l’aise.
  • Vos intérêts : vos projets personnels vous rendent unique, ne les négligez pas, cela peut parfois pousser le recruteur à s’intéresser à votre profil.
  • Des liens pertinents : votre page Github ou LinkedIn – pensez à la mettre à jour – , et éventuellement des liens vers les organismes que vous aurez cités. Si votre CV est dans un format PDF, votre lecteur pourra directement se rendre sur les sites en question.

Autres conseils :

  • Essayez d’être concis et précis pour tenir idéalement sur une page, soyez original tout en restant sobre.
  • Vérifiez que votre CV s’imprime aussi bien en couleur qu’en noir et blanc.
  • Ayez une version en français et en anglais de votre CV, surtout si vous souhaitez postuler hors du territoire français.
  • Renseignez-vous sur l’obligation d’ajouter des informations personnelles (âge, sexe, photo) sur votre CV. Dans certains pays, cela reste obligatoire, tandis que dans d’autres pays, il est préférable que ces informations n’y figurent pas pour éviter les cas de discriminations.
  • Discutez avec vos collègues qui cherchent aussi un stage et comparez vos CV, cela vous permettra de trouver de nouvelles idées pour nourrir le vôtre.
  • Demandez à plusieurs personnes de vous relire, nous ne sommes jamais à l’abri d’une faute de frappe ou d’orthographe. La moindre erreur sur un CV peut faire tâche.

II. Trouver son stage idéal

A présent, il est temps de s’attaquer à l’étape la plus fastidieuse : trouver des offres de stage. L’essentiel est de trouver le stage qui vous plaît. De manière générale, il est important d’identifier vos centres d’intérêt en bio-informatique pour vous aider à peaufiner votre recherche. Autre tactique, vous pouvez aussi commencer par exclure toutes les thématiques qui ne vous intéressent pas.

NB : Si vous souhaitez poursuivre par un doctorat de bio-informatique en France, il est souvent recommandé de chercher un laboratoire qui voudra potentiellement poursuivre avec vous après. Cela vous mettra dans les meilleurs conditions pour passer le concours de l’école doctorale.

Pour votre recherche de stage, deux options s’offrent à vous :

Répondre à des offres de stage publiées

SFBI_logo
SFBI : La base données pour les recherches de stage et d’emploi en France

Consultez régulièrement le site de la SFBI qui offre une banque d’offres de stage très régulièrement mise à jour. Ce site propose majoritairement des offres en France, mais également à l’étranger, le plus souvent en Europe (à quelques exceptions près). Les offres de stages sur le site SFBI apportent de précieuses informations comme :

  • la localisation du stage, sa date de commencement et sa durée
  • la thématique de stage
  • les compétences requises
  • le profil attendu du candidat
  • d’autres informations :
    • environnement de travail
    • langue de communication,
    • salaire etc.

Cela vous permettra ainsi de cerner si vos intérêts et votre profil peuvent s’accorder à l’offre. Ci dessous, un exemple d’offre :

sfbi_offre_exemple
Exemple d’offre sur la SFBI (Source : SFBI)

En ce qui concerne les offres de stage disponibles à l’étranger, votre ami Google sera votre plus grand allié en tapant les mots clefs “Bioinformatics internship in X (Pays ou Ville de votre choix)”.

Faire une candidature spontanée

Que ce soit en France ou à l’étranger, la candidature spontanée peut sembler effrayante. En effet, il semble beaucoup plus simple de répondre à une offre déjà définie. Mais cela n’est pas impossible ! Par exemple, certains laboratoires invitent fortement les étudiants à candidater librement sans publier d’offre de stage spécifique. Dans certains cas, il sera éventuellement demandé d’obtenir préalablement un soutien financier. Si aucune indication ne vous informe que le laboratoire ne peut se permettre d’accueillir un stagiaire, il ne vous coûte rien d’écrire un email au directeur du laboratoire si les thématiques de sa recherche vous plaisent vraiment. Cependant, n’oubliez pas de vérifier que vous aurez un soutien en bio-informatique dans la laboratoire. Ce n’est pas évident de réaliser son stage de 6 mois sans une personne pour vous guider sur la mise en place de la méthodologie computationnelle.

Bien évidemment, l’ensemble de ces conseils s’appliquent également à la recherche de stage en entreprise. Autre suggestion, n’oubliez pas de chercher des questions pour votre recruteur, que ce soit sur les conditions du stage, des précisions sur le sujet ou sur les méthodologies employées, la possibilité de poursuivre un emploi / thèse dans l’établissement, le salaire, et autres. Cela montrera explicitement votre intérêt pour l’offre !

III. Rédiger sa lettre de motivation

Que ce soit pour répondre à une offre déjà publiée ou postuler de manière spontanée dans un laboratoire ou une entreprise, votre lettre de motivation a le même objectif : mettre en avant vos compétences et qualités et démontrer votre intérêt pour l’offre ou les thématiques de recherche. Entre autre, cela permet aussi de prouver que vous savez vous exprimer et que vous êtes donc capable de mettre en valeur vos propos. Il s’agit d’un atout très pertinent notamment pour la rédaction d’articles scientifiques, si vous décidez de poursuivre en recherche !

Il est important de savoir écrire sa lettre de motivation de manière :

  • personnelle et ciblée, en montrant par exemple que vous avez lu les publications en lien avec le sujet proposé
  • modulable, avec une structure initiale qui peut être facilement changée en faisant un peu de reformulation

A titre d’exemple, voici mon template standard de lettre de motivation. Je ne garantis pas qu’il fonctionne, mais cela peut éventuellement inspirer des personnes en panne d’idées :


Ce que doit contenir une lettre de motivation

Bonjour Professeur X,

  • Introduction : Décrire brièvement son parcours universitaire et introduire l’idée qu’on doit réaliser un stage de 6 mois.
  • Comment avez-vous trouvé cette offre
    • Candidature spontanée : Expliquer comment vous avez trouvé le laboratoire / l’entreprise et quelles sont vos thématiques d’intérêts et pourquoi
    • Réponse à une offre : Mettre en avant ce qui vous plaît dans l’offre au niveau de sa thématique de recherche ou de ses objectifs.
  •  Mettez-vous en valeur : Mettre en avant les compétences qui vous semblent pertinentes pour le stage, illustrer avec vos expériences professionnelles ou projets universitairesMettre en avant vos qualités d’autonomie (si, si, vous êtes autonomes) et de travail en équipe.
  • Demande pour un potentiel et apports d’autres informations :
    • Formuler une demande d’entretien et préciser que vous êtes disponible pour le moindre complément d’informations. Parfois on peut vous demander de fournir des lettres de recommandation pour vos applications (le plus souvent, pour les stages à l’étranger). Avant de donner les coordonnées d’un référent, assurez-vous qu’il soit d’accord pour soutenir votre candidature.

Formule de politesse

Votre prénom et nom


Ici,  un exemple pour une lettre de motivation en anglais.

En bref

J’espère que l’ensemble de ces conseils permettra de dédramatiser votre démarche de recherche de stage, si vous êtes dans ce cas. N’oubliez pas de commencer votre recherche suffisamment tôt, car vous ne savez pas si vous aurez une réponse positive dès la première candidature, cela permettra d’élargir vos opportunités. En bio-informatique, les annonces de stage commencent à sortir dès mi-septembre sur la SFBI.

Ne soyez pas déçu si vos premières candidatures aboutissent à des réponses négatives ou sont sans réponse. Ces “échecs” vous permettront de voir vos points faibles afin de les améliorer. De plus, les offres de stage vont sortir de manière continue et peut-être que parmi ces dernières,  une meilleure proposition se profilera devant vous !

La recherche de stage est une période quelque peu stressante car vous devez en trouver une avant une certaine date limite, mais ne vous hâtez pas pour avoir à tout prix un stage. Choisissez un stage qui vous plaît et dont vous estimez qu’il saura mettre en valeur et développer davantage vos compétences en bio-informatique.


Si vous avez des questions à la lecture de ce post, n’hésitez pas à laisser un commentaire. Si notre contenu vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner ! 🙂